Les 4 accord toltèques

lundi 28 novembre 2016

Cancer: mourir à ce qui est malade en nous

Tu meurs – le message n’est pas facile à accueillir. Il ne s’agit pas de trouver bien ce qui arrive, mais d’essayer de le prendre comme une information. Le corps communique à sa façon. Par la maladie, il nous informe que quelque chose ‘ne tourne pas rond’, n’est pas fluide, se trouve bloqué. Nous vivons dans un univers où tout est interconnecté. S’il y a un problème quelque part, il y a forcément une répercussion de ce problème ailleurs. Nous ne pouvons alors pas séparer corps et esprit, notre forme matérielle et notre être. Ils forment une unité. Jung disait que ce n’est pas nous qui guérissons nos maladies mais nos maladies qui nous guérissent. Commençons alors par nous montrer curieux et écoutons le mal-a-dit.

Tu meurs : Mon mal s’exprimait à travers mon sein. Le sein, c’est l’organe avec lequel nous nourrissons nos enfants, et à défaut nos projets. Je n’ai pas d’enfants et j’en ai longtemps souffert. J’ai fait des études pour être professeur agrégée de langues, mais depuis que je vis en France, je donne des cours à droite et à gauche et nourris d’innombrables projets sans jamais les accoucher vraiment. J’ai beaucoup culpabilisé de ne pas avoir eu d’enfants, ni d’avoir fait carrière ni le tour du monde. Je ne correspondais pas à l’image qui m’a été transmise par mon éducation et que j’avais bien intégrée. Je ne me sentais pas à ma place, toujours redevable de quelque chose. Sans en avoir conscience, je me reprochais en permanence mes ‘échecs’. Il fallait toujours que je fasse encore plus : être plus attentive aux besoins et aux désirs des autres, donner plus, … Mon corps a bien compris le message : il a formé une masse là où je suis le plus vulnérable.

Tu meurs : Le cancer m’a invitée à m’intéresser à moi et à me poser cette question vieille comme le monde : qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais dans cette vie ? Quel sens je lui donne ? Je ne trouvais pas les réponses à l’extérieur. Ce n’étaient pas ceux qui me traitaient avec des armes lourdes conçues pour des millions de personnes qui allaient me le dire. Il était à moi d’aller en quête de ce qui pourraient être les vraies causes de ma maladie. Il n’est pas très confortable de se mettre en question et d’aller chercher en soi ce qui ne va pas. Il est beaucoup plus facile de chercher les causes de son malheur à l’extérieur… Je me suis demandé quelle était la relation que j’avais envers moi-même. Etait-ce une relation de bienveillance ou étais-je mon propre tortionnaire en exigeant toujours plus ? J’ai trouvé que je n’étais pas vraiment mon amie. Je voulais donner une image de moi qui correspondait à ce que je croyais qu’on attendait de moi. Mais ce n’était pas moi. J’étais comme séparée de mon être. 

Tu meurs : Il fallait alors que je me rapproche de qui je suis, de mes forces et de mes faiblesses. C’est un chemin qui demande une grande ouverture, de l’humilité et du courage. J’ai découvert qu’à l’intérieur de moi se trouve un univers aussi grand que l’univers à l’extérieur de moi. J’ai aussi découvert que j’avais mis plein de couches de protection autour de moi pour éviter que l’on voie mes faiblesses. Si je voulais m’approcher de cet être authentique qui m’habite, il fallait alors que je commence à m’éplucher, couche par couche. C’est comme si on ouvre des fenêtres pour laisser entrer la lumière dans des espaces sombres ... Enlever ses réticences et ses peaux dures peut faire mal. Mais la douleur passe quand on arrive à les laisser partir. 

Tu meurs : Le chemin que j’ai choisi était alors un chemin de paix. Je cherchais à communiquer, à comprendre. Quand il s’agit du cancer, notre médecine nous propose souvent un chemin inverse : on nous parle de monstres qui nous attaquent de l’intérieur, de cellules malignes, de guerre contre la maladie. Cette image belliqueuse de la maladie justifie tous les moyens : on brûle, on ampute, on empoisonne. J’ai suivi le protocole classique et je l’ai même assez bien supporté. Puisque j’étais en arrêt maladie, il m’a donné l’occasion de m’occuper de moi, de prendre soin de moi. Mais je ne pense pas qu’il m’ait guéri. On ne m’a d’ailleurs jamais parlé de guérison, seulement de rémission. Je pense que pour guérir, il ne suffit pas de tendre le bras et de laisser faire les autres. Il faut prendre sa responsabilité pour sa vie et sa santé en main. Etre responsable ne signifie pas être coupable. La culpabilité se réfère à quelque chose qui a eu lieu dans le passé. La responsabilité est l’attitude que nous choisissons en ce moment. 

En vie : Ma tumeur c’était alors transformée en envie. Je n’étais plus patiente, je suis devenue femme, un être humain qui s’interroge sur le sens de sa vie. Je ne pouvais pas voir ce qui m’arrivait séparément du monde dans lequel je vis. Ce monde va mal. Quand je regarde autour de moi, je vois des gens penchés sur leurs écrans. Nous nous enfermons dans des bulles, coupés des autres et de notre entourage. Dans notre enfer-mement, nous ne respectons plus les lois communes mais développons nos propres lois. En perte d’orientation, nous commençons à aller dans tous les sens, envahissons l’ensemble et risquons de provoquer la mort de l’organisme qui nous héberge. C’est exactement ce qui se passe dans un corps qui développe un cancer. Cette maladie, qui touchera bientôt la moitié de la population, nous communique-t-elle que nous nous sommes trompés de chemin ? Au lieu de sectionner, de diviser, de séparer, d’exclure nous devons nous mettre à intégrer, unir, créer des liens entre nous, des liens avec la nature et la vie,…. 

En vie : Comme nous, les cellules malades ne veulent pas tuer leur hôte car cela signifierait leur propre mort. Ces cellules veulent vivre ! Elles n’obéissent pas à l’apoptose, au programme d’autodestruction de chaque cellule, nécessaire pour garder l’ensemble en vie. Elles explosent dans tous les sens en quête de sens. Le cancer, serait-il alors plutôt un appel à la vie qu’un cri de mort ? Vivre plus en accord avec soi-même, être plus respectueux de ses propres désirs, développer une relation de bienveillance envers soi, accepter ses côtés lumineux et ses cotés sombres, prendre sa place dans cette vie, laisser s’exprimer ses dons et ses talents, son unicité, devenir créateur. Construire des liens avec les autres, échanger avec eux, partager, rire, se confier à eux, parler, s’ouvrir, ouvrir les bras , … Nous sommes des êtres de lien, nous avons profondément besoin de nous sentir unis, liés. Le problème est la séparation. La solution est l’union.

jeudi 17 novembre 2016

Le pouvoir de créer

C’est un monde où personne n’est seul. Tout y est relation, interconnexion ; tout est lien. Rien n’existe séparément du reste et tout fait partie d’un grand ensemble vibrant, construit par tous au fur et à mesure. Il n’y a pas de pouvoir centralisé, tout le monde participe à un processus de création qui ne s’arrête jamais. Dans ce monde, tout est énergie, vibration, et chaque chose a un cœur de lumière. Les êtres qui l’habitent vont facilement vers les autres pour communiquer avec eux, pour se montrer à eux. C’est une vie en communauté dont l’objectif est l’échange et le partage. Chaque individu choisit les expériences qu’il veut faire. Il se crée  sa propre réalité à partir de la simple puissance de sa pensée. Les idées créent la réalité de chacun. Chacun décide en toute liberté ce qu’il a envie de vivre. C’est un monde sans limites. Ici, rien ne se perd, tout est gravé à jamais dans la mémoire du collectif. On y vit pour jouer, pour s’émerveiller, pour se développer, pour jouir de son existence.  C’est un monde qui est toujours accessible, à tout moment. Clic.


La feuille qui ne voulait pas tomber de l’arbre

Automne était arrivé. Le matin, les brouillards se levaient de plus en plus tard, frais et denses ; les fumées remplissaient l’air d’un avant-goût de longues soirées au coin du feu des cheminées et les arbres commençaient à prendre les couleurs de la braise : rouge flamboyant, jaune vif, orange scintillant. Le majestueux tilleul à côté de l’église, discrètement, laissait s’envoler les feuilles qui l’avaient habité pendant si longtemps. Les unes après les autres voltigeaient vers l’inconnu. 

Sauf une. A chaque souffle du vent, elle s’agrippait, de plus en plus désespérément, à sa brindille. Elle tremblait, elle frissonnait et se répétait, grelottante : Pourvu que ça tienne. Pourvu que ça ne lâche pas. Pourvu que je ne tombe pas. Elle ne pouvait plus penser à autre chose. Elle ne voyait pas les oiseaux se réunir avant leur traversée des mers, elle ne sentait pas la brise douce de l’automne indien et les caresses des rayons du soleil et elle n’entendait pas le bourdonnement des derniers insectes de l’année qui dansaient autour d’elle. Les jours de pluie qui rendent les feuilles lourdes et luisantes, elle attendait, angoissée, et aussi les jours de vents qui allaient la sécher et la rendre à nouveau un peu plus légère. A la moindre brise, elle observait, paniquée, ses camarades qui disparaissaient pour laisser le tilleul de plus en plus dégarni. Quelle tristesse ! Quelle indécence ! Toute sa génération partait dans le vide et la laissait seule, recroquevillée sur elle-même, de plus en plus pâle, de plus en plus sèche et de plus en plus vidée de ce qui lui avait donné vie. 

Elle pensait, les veines serrées, aux jours interminables et insouciants, aux nuits douces et étoilées, aux levers et aux couchers d’un soleil radieux et éblouissant. La vie était aventure, danse, découverte. Chaque journée lui apportait du nouveau : des rencontres, des parfums, des chants. La vie bourdonnait autour d’elle, sans limites. Avec nostalgie, elle se souvenait de sa jeunesse verte et débordante. L’eau circulait en elle et lui donnait des formes ravissantes, séduisantes. Elle se frottait allègrement à ses voisines, chuchotait avec elles dans les cimes de son arbre et respirait l’air sensuel de l’été. Quelle liberté ! Quelle joie ! 

Au début, elle ne se rendait pas compte des journées de plus en plus courtes et des nuits de plus en longues. Elle continuait à se laisser caresser par les rayons du soleil et bercer par le vent. Mais les brises se transformaient en tempêtes et elle sentait comme si quelque chose en elle commençait à lâcher. Quand elle voyait ses voisines se détacher des branches, elle ne pouvait pas croire que les choses étaient en train de changer. La vie avait été si belle ! Mais ses regrets, son chagrin et ses souvenirs ne pouvaient pas empêcher qu’elle sente sa fin s’approcher. La fin ? En réalité, elle n’en savait rien. Elle ne connaissait finalement que sa branche et ses voisines, le vol des insectes et le chant des oiseaux, le souffle du vent et les rayons du soleil et de la lune. Y aurait-il autre chose ? La vie existerait-elle aussi ailleurs ? Y aurait-il quelque chose derrière le vide ? 

Elle ne pouvait pas se l’imaginer et se sentait de plus en plus faible, de plus en plus seule. Enfin, elle se résigna. Un matin, le vent détacha la fine tige qui la liait encore à son arbre. Surprise, la feuille voltigea vers le bas ; il n’y avait plus de combat, plus de nostalgie, plus d’angoisse. Il n’y avait plus rien. Rien ? Elle ne pouvait plus bouger, ses veines étaient vides et la sève de la vie ne circulait plus en elle. Mais elle se sentait comme portée par un souffle bienveillant qui la posa par terre, doucement. Elle sentait qu’elle n’était plus seule. Autour d’elle, toutes ses voisines et d’autres encore se réunissaient pour former une couche de plus en plus épaisse et moelleuse. Elle n’était plus vraiment feuille, mais elle était encore là. Avec les autres, elle était posée sur des plantes qu’elle n’avait pas connues avant et qu’elle protégeait contre les froideurs de l’hiver. Elle était couche. Elle avait quitté l’arbre pour faire partie d’un nouvel ensemble. Lentement, elle se transforma en compost, humus, terreau. Elle devenait terre. Elle était sol nourrissant, berceau de milliers de vies différentes. Elle était feuille et pas feuille, terre et pas terre en même temps. Elle se laissait traverser, diviser et composer à nouveau. 

Et puis quelque chose en elle sentit comme une palpitation, un scintillement, une petite explosion. Quelque chose la tira vers le haut. Elle traversa la terre comme attirée par une lumière inconnue qui pourtant lui rappelait étrangement quelque chose. Et au moment se sortir de son environnement tamisé et paisible, elle le reconnut enfin : le soleil ! Elle jubilait, elle s’étirait, elle s’épanouissait. Son tronc devenait de plus en fort, ses branches poussaient vers le ciel et elle sentait se déplier des milliers, des millions de petites feuilles, toutes vertes et fraîches. Elle sentait leur extase, leur danse, leur chuchotement. En face d’elle et à côté de l’église, enfin, elle aperçut un tilleul, majestueux. Elle le salua, émerveillée. 





Conversation avec Ervin Laszlo


samedi 12 novembre 2016

Guérir sa vie

Un grand texte, beau et juste, de Jean-Pierre Bégin:

La guérison est vivante, complexe, holistique. Si nous la traitons de façon usuelle, c’est-à-dire limitée, elle semble se conformer à nos limites. Pourtant, lorsqu’un événement aussi étrange que la disparition soudaine d’un cancer survient dans nos vies, il laisse autour de lui un abîme d’interrogation dans lequel toute théorie médicale s’enfonce. Au-delà de toute limite et, souvent, de toute attente, le corps a retrouvé son équilibre. 

Ainsi, un cancer déjà avancé disparaît soudainement. Mystère ! Aucune théorie médicale ne parvient à rendre compte du miracle. Mais pourquoi parler de miracle (au sens absolu du terme) lorsque les « miraculés » peuvent témoigner, comme Johanne Robitaille Manouvrier, d’une démarche et d’un processus de guérison connus et réalisables par tous. Car ces mêmes « miraculés », animés de confiance et de certitude, surent trouver ce qui était essentiel à leur guérison, non seulement en termes de soins médicalisés mais à force de curiosité et de dépouillement, en prenant surtout conscience de situations et d’un vécu se trouvant à la source même de la maladie. Parmi ceux et celles que j’ai connus et qui vécurent une telle démarche, entreprirent une telle enquête, il y eut des transformations et des guérisons spontanées s’expliquant davantage en termes de compréhension de mécanismes psycho-biologiques extrêmement raffinés qu’en termes de miracle. 

C’est un fait abondamment observé et reconnu : presque toutes les personnes vivant une guérison spontanée, ressentent un changement radical au niveau de leur conscience peu avant leur guérison. Ils savent dès lors qu’ils vont guérir et ils sentent que la force agissante de cette guérison se trouve en eux-mêmes. Ils peuvent ainsi naviguer à travers tout leur protocole de guérison (médical ou autre) avec une aisance insoupçonnée surprenant du coup tous les intervenants de la santé. L’évidence nous amène à reconnaître, avec la pratique, que les mécanismes à l’œuvre dans toutes les guérisons ne sont ni mystique, ni le résultat du hasard et que nous pouvons les étudier et les reproduire. Il s’agit là d’une relation corps-esprit d’une grande qualité. 

La Delta- Médecine

Le médecin Yann Rougier présente les piliers de la santé - respiration, nutrition, détoxication, pensées, émotions - et rend libre d'accès tout un programme de reconstruction sur le site Delta-Medecine. Précieux!


dimanche 2 octobre 2016

lundi 26 septembre 2016

jeudi 15 septembre 2016

Traverser le miroir

Présentation de mon livre Traverser le miroir - de la peur du cancer à la confiance en la vie', paru chez l'Harmattan en 2016:




lundi 5 septembre 2016

La table est mise

Au centre de l’espace, la table se dresse: des arômes délicieusement accordés qui font sauter de joie les papilles gustatives des plus réticents émanent des mets simples et raffinés à la fois; des fruits juteux et des friandises appétissantes sont posés ici et là et appellent à être dégustés; des boissons rafraîchissantes invitent qui le souhaite à étancher sa soif. Le festin offre toutes les richesses de la terre, de l’air et de l’eau. Rien ne manque ; tout est là pour que l’on s’en serve et s’en réjouisse. 

Les pensées occupées par ses calculs et guidé par un vague espoir de trouver de quoi remplir son vide, le manque s’approche. Son regard se pose sur le blanc de la nappe. Il passe son chemin, affamé.

jeudi 1 septembre 2016

Poser ses valises

Le monde est-il devenu fou ? La vie nous semble dure, injuste. Nous nous enfermons. Nous nous accrochons aux privilèges qui nous restent. Nous nous méfions des autres. Nous nous défendons. Nous nous battons. Mâchoires serrées, fronts plissés, muscles tendus. Nos corps nous en disent long. Nous souffrons. Et nous avons de bonnes raisons. Dans ce monde d’aliénation où tout est opposition, concurrence, combat, dans lequel nous nous sommes coupés de nos semblables, de notre terre-mère et de nos re-pères, nous nous sentons de plus en plus seuls, déchirés et impuissants. 

Notre besoin de (re)confort et de sécurité nous amène à conclure toutes sortes de contrats pour assurer nos biens et nos vies. Mais malgré les sommes astronomiques que nous investissons pour nous sentir un peu plus rassurés, nous sommes de plus en plus inquiets, angoissés, anxieux, déprimés. Nous avons peur de perdre, peur de souffrir, peur d’être seul, peur de tomber malade, peur du chômage, peur de la mort. Nous n’en parlons pas lors de nos rencontres mondaines ou dans nos temples de divertissement. Nous prenons soin de ne pas nous gâcher les plaisirs qui nous restent et sommes prêts à rémunérer abondamment tous ces spécialistes de la peur quand ils nous vendent quelques îlots d’insouciance dans un océan houleux : assureurs, banquiers, industriels, fabricants de gadgets. Quand nous ouvrons les yeux dans nos centres commerciaux ou lors des plages de publicité, nous savons à qui profite notre mal-être. En se laissant prendre par la peur, chacun de nous contribue à garder intact un système qui oppose les ‘nous’ aux autres et qui scinde le monde en deux, trois, …. une infinitude de miettes, toutes séparées les unes des autres, et toutes menacées de disparaître dans une hostilité généralisée. 

L’éparpillement actuel pousse notre espèce à l’autodestruction et la planète aux bords du supportable. Le système que nous avons mis en place ne marche pas car il profite seulement à quelques uns et saigne le reste. Mais nous ne voulons pas de cette réalité et souvent nous montrons du doigt ceux qui la dénoncent. Ne voyons-nous pas que ce que nous repoussons, ce que nous ne voulons pas admettre, nous saute finalement à la figure ? Après avoir profité pendant si longtemps de nos marchés d’exploitation, qui peut encore s’étonner que ces mêmes marchés se retournent à la fin contre nous ? Quand une société a pour seul objectif la croissance économique, quand elle ne sait pas transmettre des valeurs humaines, de partage, quand elle ne donne pas de perspective à sa jeunesse - quoi de surprenant si cette jeunesse en quête de sens cherche ses valeurs ailleurs ? 

Non, ce ne sont pas les autres. Nous sommes tous mis à contribution. Chacun de nous. Nous ne pouvons plus nous cacher derrière les politiques, les étrangers, les puissants, les circonstances sans dévoiler notre propre ignorance. Le plus nous refusons de voir, le plus nous résistons à ce qui est, le plus nous souffrons. Une énergie qui ne circule pas crée des blocages – et ça fait mal. En nous coupant de ce qui nous entoure, en laissant l’autre dehors, en construisant des barrières entre lui et nous, nous interrompons le flux des énergies relationnelles et créons ainsi le mal-être de notre civilisation. Nos corps malades en témoignent. Et si nous écoutions ce qu’ils nous disent ? Si nous prenions enfin au sérieux leurs messages ? Si nous commencions à donner un autre sens à notre existence ? Quand est-ce que nous allons comprendre que le problème, ce n’est pas l’autre mais nous ?! Il ne s’agit pas de chercher un coupable et de nous accuser nous-mêmes au lieu d’accuser les autres, mais de chercher les solutions pour nos problèmes en nous – et non pas en-dehors de nous. 

Quand nous jetons la faute sur quelqu’un d’autre ou sur quelque chose d’extérieur à nous, nous nous rendons impuissants et nous coupons de la possibilité de résoudre le problème. Nous perdons avec notre pouvoir et notre dignité notre humanité, le potentiel qui nous différencie de toutes les autres espèces sur cette terre : la possibilité d’accepter ou de refuser, de dire oui ou non à ce qui arrive – et d’agir en fonction de notre décision. Nous avons toujours le choix. Nous pouvons toujours nous demander où nous nous situons et à quoi nous contribuons : à la séparation ou à l’union, à la guerre ou à la paix ? Soyons conscients qu’au moment où nous crachons à la figure de l’autre, indépendamment de ce qu’il a fait, nous créons de la violence qui créera de la violence. C’est seulement à partir du moment où nous levons la tête pour voir l’humanité de l’autre que les choses peuvent commencer à s’apaiser. 

L’heure n’est plus au combat et à l’opposition. Elle est à l’intégration, à l’échange, au partage et à la détente, à la prise de conscience que dans ce monde de plus en plus secoué par la terreur, les épidémies et les catastrophes naturelles, tout est lié. Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes en laissant dehors une partie de ce qui est notre réalité. Nous avons tous contribué à créer notre monde tel qu’il est. Osons le regard : oui, le monde dans lequel je vis porte mon empreinte. Il est le reflet des attitudes à nous tous. Il nous renvoie notre propre déchirement, notre violence, notre désespoir. Il nous montre à quel point nous sommes en guerre contre nous-mêmes, notre manque d’amour. Comment pourrions-nous contribuer à créer de la paix, du respect et de la bienveillance autour de nous si nous ne connaissons pas la paix intérieure ? Cette paix que nous cherchons en vain à l’extérieur commence à l’intérieur de nous. Tant que nous ne comprenons pas cela, d’autres catastrophes vont venir détruire des vies pour nous rappeler que nous sommes tous liés et que le mal que nous projetons sur l’autre est notre propre incapacité à nous accepter dans notre intégralité.

Trouver la paix a toujours été un des plus grands défis de l’Humain. Ce n’est pas s’accrocher à ses convictions, à ce qui a toujours été comme ça, au j’ai raison, au chez nous, on … , aux on fait et on ne fait pas. Trouver la paix ce n’est pas serrer les poings mais ouvrir les mains et poser ses valises. Admettre son désarroi, sa désorientation, son impuissance, sa colère, sa peur, son trouble, sa tristesse, son je ne sais pas, … pour les regarder en témoin, et non pas en victime. Ce vieux jeu du bourreau, de la victime et du sauveur qui ravage la planète depuis bien longtemps se joue encore entre ceux qui se complaisent dans leur propre impuissance ou profitent de celle des autres. Mais beaucoup commencent à comprendre que le monde ne se divise pas en bons et en méchants. Nous sommes tous capables du meilleur et du pire. A chacun de nous de choisir le côté qu’il nourrit. C’est par ce choix que se révèle notre vrai pouvoir : pas celui de voter pour un parti ou un autre, de faire grève ou pas, de manifester ou pas, mais celui de contribuer à créer notre monde à l’image de ce que nous sommes capables de lui donner. 

dimanche 28 août 2016

Une approche pacifique du cancer

Selon les statistiques, une femme sur huit peut développer un cancer du sein au cours de sa vie. Dans les prochaines années, le cancer peut affecter jusqu'à la moitié de la population. Après les maladies cardiovasculaires, il est la deuxième cause de mortalité dans nos pays industrialisés, juste avant les décès causés par les traitements médicaux eux-mêmes. Après avoir reçu le diagnostic d’un cancer du sein en 2012, j’ai suivi un protocole classique. Le vocabulaire communément utilisé reflète l’agressivité des traitements. Nous luttons contre des tumeurs malignes et nous battons contre des cellules que notre organisme crée pour nous tuer. C’est le comble de l'horreur : l'ennemi ne nous attaque pas de l'extérieur, il est déjà dedans et nous menace depuis l’intérieur. Nous ne sommes plus en sécurité nul part. Tous sont exposés à ce danger. Le pire : nous ne sentons pas venir ce mal qui nous envahie sournoisement. Mais des solutions existent : des appareils sophistiquées sont capables de détecter les problèmes même avant que nous prenions connaissance de leur existence. Cette procédure est appelée prévention. En réalité, il ne s’agit pas d’éviter une maladie mais de la traiter le plus tôt – et le plus longtemps possible. On brûle, empoisonne et ampute. La violence de ces méthodes nous rappelle étrangement que les traitements contre le cancer n’ont pas vu le jour dans un laboratoire, mais sur les champs de bataille des deux dernières guerres. Tout est détruit. On espère que seulement les bonnes cellules survivront. Chaque personne est différente –j’entends souvent cette phrase à l’hôpital pendant que je subis des traitements conçus pour des millions de personnes. Leur toxicité détruit peu à peu ce dont le malade a le plus besoin : le bon fonctionnement de son système immunitaire. L’objectif est d’interrompre ou au moins de ralentir l’invasion de l’ennemi. On ne parle pas de guérison mais de rémission. Personne ne peut rien nous promettre, il n’y a aucune garantie. Tous les espoirs reposent sur les statistiques. Les chiffres sont le fondement de notre médecine. Nous avons foi en elles parce que nous croyons en leur objectivité - mais ils ne reflètent qu'une partie de la réalité et dépendent de l'objectif de qui les interprète.

J’ai terminé et survécu les traitements – mais en cours de route j’ai changé de vision. J’enseigne les langues et la communication et connais l’importance des mots. J’ai commencé par changer mon vocabulaire en parlant de ma tumeur. Puisque c’était mon corps qui l’avait créé, elle était bien en relation avec moi. En la nommant ainsi, elle était déjà moins monstrueuse car ce que nous craignons le plus reste toujours caché dans l’obscurité. Je pouvais alors m’entretenir avec ma maladie, écouter le mal-a-dit et essayer de comprendre l’information. Les cellules malignes étaient des cellules malades qui avaient perdu la capacité de communiquer avec leur entourage. Elles s’étaient isolées du reste de l’organisme. Il me paraissait logique que pour guérir, mon corps avait besoin de soin et d’amour. J’ai alors cessé de me battre contre cette partie de moi qui s’appelait tu meurs pour l’intégrer dans ma vie. 

Contrairement à la médecine des pays industrialisés qui sectionne l’organisme pour intervenir sur les parties devenues dysfonctionnelles, les médecines naturelles aident l’organisme à développer ses forces naturelles d’auto-guérison. Selon ces approches, notre santé dépend de la qualité de l'énergie qui circule dans l’organisme. Quand cette énergie circule librement, le corps est en équilibre et alors en bonne santé. Cet équilibre concerne l’ensemble, et non pas seulement une de ses parties. Dans l’ère après Newton et Pasteur, nous savons que les choses dans notre univers n’existent pas les unes séparées des autres mais forment un tout. Quand il y a un problème, nous ne pouvons pas le résoudre en le coupant du reste. Les solutions se trouvent dans l’équilibre de l’ensemble. 

Selon Carl Gustav Jung, nous ne guérissons pas nos maladies, ce sont nos maladies qui nous guérissent. Elles nous montrent que nous avons négligé un aspect important de notre vie. C’est alors le corps qui communique à sa façon qu’il est temps de nous occuper de nous. La maladie est un message, et non pas une punition. Nous ne sommes pas coupables du fait qu’elle soit arrivée mais responsable de l’attitude que nous prenons face à elle. Ma tumeur m’a montré où regarder : le sein, ce symbole de la féminité et du donner-recevoir m’indiquait ce que je n’avais pas vu jusqu’alors. J’ai commencé à mettre en lumière ce qui était caché depuis longtemps et à prendre réellement place dans ma vie. J’ai compris que ce cancer, même s’il pouvait me tuer, n’était pas venu en ennemi et qu’au fond il n’était pas un cri de la mort mais un appel à la vie ! Les cellules cancéreuses n’obéissent pas à ce que l’on appelle apoptose, le programme d’autodestruction des cellules saines. Le fait qu’elles soient en quelque sorte immortelles, ne reflète-t-il pas le désir de vivre plus, de manière plus authentique et plus harmonieuse ? Le désir inaccompli d’une vie plus en communion avec notre entourage et en équilibre avec l’ensemble ? Ce cancer ne nous indique-t-il pas que nous nous sommes égarés, isolés derrière nos écrans comme nos cellules malades et qu’il est temps de donner un autre sens, une autre orientation à notre vie, et ce non seulement à un niveau individuel mais aussi collectif? 

Nous ne pouvons pas nous séparer de l’ensemble. Ce n’est pas seulement notre façon de vivre notre vie qui nous rend malade. C’est aussi le monde que nous avons créé ensemble. Comment pourrions-nous croire qu’un système dont le tout premier but est la croissance économique puisse agir pour le bien commun ? Nous parlons de pouvoir d’achat, de ressources humaines et de capital santé – mais plus des valeurs fondamentales de notre république. Nous bafouons ce que nous avons de plus précieux. Nos corps malades nous le rappellent – et nous donnent ainsi l’opportunité de changer de cap pour vivre de manière plus respectueuse dans l’ensemble que nous formons. Peut-être nous ne guérirons pas du cancer et peut-être nos enfants subiront encore plus les conséquences d’un système devenu malade – mais cela ne nous empêchera pas de commencer à nourrir ce que nous avons de mieux en nous aujourd’hui.

samedi 27 août 2016

L’incroyable pouvoir de l’esprit sur le corps: un article du journal Néosanté

Comment se fait-il qu’un placebo - une gélule de sucre, une injection de solution saline ou une fausse chirurgie - provoque un pourcentage de guérisons surprenant ? L’effet qu’il produit, en tout cas, n’en finit pas de nous étonner... et parfois de détonner ! «  Cette substance totalement dénuée de principes actifs se révèle parfois puissamment efficace », souligne de Dr Patrick Lemoine, auteur du remarquable ouvrage « Le mystère placebo » (voir « Pour aller plus loin »). Une chose est sûre : des personnes produisent des modifications physiologiques mesurables qui correspondent exactement au soin qu’elles pensent avoir reçu. Et si se pencher sur ce phénomène était l’occasion de réveiller les forces internes de guérison ? 

Du flagorneur... au soulagement de la douleur

« Ce rien, cette illusion de médicament, porte un nom. C’est le placebo », précise Patrick Lemoine.Étymologiquement, placebo vient du latin et signifie littéralement « je plairai ». Sa signification a évolué au fil de l’histoire. Au Moyen Âge, le placebo est un terme liturgique qui concerne une Prière pour les morts (Psaume 116 : Placebo Domino in regione vivorum, « Je plairai au Seigneur sur la terre des vivants »). La tradition veut que cette célébration de recueillement soit suivie avec régularité et durant un certain temps par les parents des défunts. En cas d’indisponibilité, les proches prennent l’habitude de se faire remplacer par des pleureurs professionnels pour « chanter placebo ». Ce mot prend alors naturellement un sens péjoratif, renvoyant aux flagorneurs, donc plus largement au fait de « jouer un rôle, flatter ». « Le placebo est un opportuniste qui se fait passer pour la personne véritable, mais qui n’en sera jamais qu’un succédané », spécifie la psychologue Mireille Rosselet-Capt, qui a publié « Les fabuleux pouvoirs de l’effet placebo » (voir « Pour aller plus loin »). Il faut attendre le XIXe siècle pour voir le placebo prendre une signification médicale. Et sa première définition officielle apparaît, en 1811, dans un dictionnaire médical anglais : « Épithète donnée à tout traitement prescrit plus pour plaire au patient que pour le guérir. » À l’aune de cette définition, le placebo renvoie au mieux à la tromperie, voire au charlatanisme. « Cette connotation péjorative s’explique sans doute par le fait que les médecins tendent à douter de la réalité de l’effet placebo, car admettre son importance met en danger leur image et leur pouvoir », souligne Michel Le Van Quyen, chercheur à l’INSERM et responsable d’un groupe de recherche à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière), dans son livre « Les pouvoirs de l’esprit » (voir « Pour aller plus loin »). C’est la Seconde Guerre mondiale qui va donner une description scientifique à ce phénomène, longtemps considéré comme peu sérieux. Œuvrant sur le front d’Italie, l’anesthésiste Henri K. Beecher recueille les victimes des bombardements allemands. À court de morphine, impuissant devant ces soldats qui hurlent de douleur, il décide de leur injecter une solution saline à la place de la morphine, tout en leur annonçant que cette dose allait rapidement les soulager de leur souffrance. Quelle n’est pas sa surprise de constater que cette solution, dénuée de toute efficacité pharmacologique, soulage de nombreux blessés ! Devenu professeur à l’université Harvard, il publie, en 1955, une large étude sur plus de 1000 patients qui révèle que 35 % d’entre eux répondent positivement au traitement placebo. Plus spécifiquement sur le plan de la douleur, on sait aujourd’hui que le placebo induit un effet impressionnant, équivalent à 5 mg de morphine intraveineuse. 

jeudi 11 août 2016

Notre attitude détermine notre santé

C'est notre comportement qui régule 85% de notre ADN. Imaginons l'importance de ce que nous mangeons, comment nous bougeons, la qualité de nos relations, ...


samedi 30 juillet 2016

Toujours coupables?

Nous sommes tous nés avec le poids de la culpabilité. La tradition judéo-chrétienne a laissé son empreinte dans nos esprits et dans nos corps, dans les histoires de nos familles et de nos peuples. Depuis que le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal a été mangé, nous nous réveillons le matin avec le goût amer de la faute originelle. C’est à cause de nous que les choses se passent mal. A cause de nous, nos amis passent une soirée médiocre car nous avons trop salé la soupe. A cause de nous le voisin broie du noir car nous avons oublié de l’inviter et à cause de nous la mère se trouve au bord de l’infarctus car nous lui avons annoncé que nous ne viendrons pas ce dimanche. Nous trainons notre mauvaise conscience jusqu’au coucher et bien souvent nos faux pas nous empêchent de dormir. Pour trouver un peu de répit, nous essayons de jeter nos fautes sur les autres. Coincés derrière nos boucliers forgés d’accusations et de justifications, nous défendons ardemment ce qui reste de l’estime que nous portons à nous-même. Sans joie mais avec beaucoup d’énergie, nous entretenons la tradition de ce bon vieux jeu de l’innocent, du coupable et du sauveur. 

Croyons-nous vraiment que nous avons le pouvoir de changer la trajectoire des choses ? Pensons-nous que c’est à cause de nous que les événements arrivent ? Que c’est par notre faute que le monde est ce qu’il est ? Certes, nous avons tous contribué à changer le climat de notre planète et à exterminer une bonne partie de ses habitants, nos avons inventé des techniques capables de créer, de détourner et de détruire - mais nous ne savons pas pourquoi les choses sont ce qu’elles sont. Nous ne savons rien des raisons qui se trouvent derrière les explications que nous leur donnons. A + B ne font pas toujours C et l’univers ressemble plus à un hologramme où tout est interconnecté de manière infiniment complexe qu’à une ligne droite sur laquelle les choses s’alignent sagement. Tout en croyant tout savoir, nous ne percevons qu’une infime partie de ce que nous appelons notre réalité. Mais la terre que nous croyions plate et qui s’est révélée ronde n’a pas fini de nous surprendre. 

Le rendez-vous manqué, l’épreuve ratée, la soirée gâchée, … la séparation, l’accident, la maladie, … – nous ne savons rien des vraies causes des petites et des grandes catastrophes qui arrivent dans notre vie. Nous pouvons nous en vouloir à nous ou à d’autres et nous tordre les méninges pendant des années, mais nous ne saurons jamais pourquoi les choses se sont passées comme ça et pas autrement. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas fini notre assiette qu’un autre enfant est mort de faim. Certes : nous sommes impliqués dans ce que crée notre société, nous faisons partie de ses histoires. Il est vrai que nous avons en nous non seulement un énorme potentiel créatif mais aussi un très grand potentiel destructeur. Mais même si nous avons le pouvoir de créer des sécheresses ici et des déluges ailleurs, nous ne faisons pas la pluie et le beau temps. 

Tout ne dépend pas de nous. Les événements ne tournent pas autour de notre nombril. Il y a plus grand que nous et nous sommes très loin d’avoir pénétré les mystères de la Vie. Notre sentiment de culpabilité, ne porte-t-il pas l’arrière-goût d’une démesure ? Est-il la conséquence d’une sorte d’indigestion provoquée par le fait d’avoir mangé trop de fruits du savoir ? Avons-nous oublié de mâcher ? Notre savoir, n’est-il pas resté coincé quelque part entre notre tête et le reste de notre corps ? Le savoir est matière morte quand il ne devient pas connaissance. Connaître : naître avec. Par l’expérience, le savoir se met enfin en mouvement. Le chemin est libre pour que les énergies circulent à nouveau. Rien n’est sûr ; tout est à découvrir. Quand nous arrivons à accepter qu’au fond, nous ne savons rien et ne pouvons rien, notre vraie grandeur peut se révéler : celle de porter la lumière de notre conscience sur ce qui est et laisser arriver les choses avec la confiance d’un enfant qui sent qu’il est en sécurité. 

La culpabilité que nous trimbalons reflète non seulement un manque de confiance mais aussi un manque d’humilité. Nous croyons tout savoir et pouvoir tout contrôler. La culpabilité, c’est l’orgueil à l’envers. Il est prétentieux de penser que nous avons le pouvoir de faire arriver les choses. La pensée positive, très à la mode, ne peut rien si nous ne nous inclinons pas devant plus grand que nous. Elle est l’expression du capitalisme poussé à son extrême quand nous prenons l’univers pour un supermarché gigantesque auquel il suffit d’envoyer ses listes de vœux pour les voir s’accomplir. Si la surestimation est le reflet d’un manque d’humilité, la sous-estimation ne l’est pas moins. Se croire toujours petit et faible nous dégage de notre responsabilité et c’est ainsi que se cacher derrière son impuissance revient finalement au même qu’être imbu de sa perfection.

Nous nous trouvons aujourd’hui devant le défi de monter sur le fil tendu entre la culpabilité et la responsabilité. Tandis que la culpabilité est liée au passé, la responsabilité nous lie au présent. Nous ne pouvons pas changer ce qui se trouve derrière nous – mais nous pouvons choisir l’attitude que nous adoptons face à ce qui se trouve devant nous. Le monde d’aujourd’hui nous le montre avec de plus en plus de clarté : nous ne sommes pas l’un ou l’autre – petit ou grand, puissant ou impuissant – nous sommes l’un et l’autre. Si la division nous aide à nous orienter, la compréhension de l’union nous libère. A nous de choisir et de lâcher le poids de certains attributs pour transformer notre mauvaise conscience en conscience. En prenant le chemin de la responsabilité, nous laissons la culpabilité derrière nous et devenons enfin adultes.


samedi 23 juillet 2016

Pas de chance

La catastrophe est là : une maladie qui nous menace, une perte ou une séparation douloureuse. Ce sont les accidents de la vie. Cela arrive sans que nous sachions pourquoi. Que la vie peut être injuste ! Pourquoi ça arrive à moi et pas aux autres ? A qui la faute ? Un mauvais destin ? Les gènes ? Pas de chance ? Nous réagissons selon notre tempérament : nous nous retirons dans notre malheur et souffrons en silence, l’exposons dans nos réseaux sociaux pour le partager avec des inconnus ou encore nous dénonçons haut et fort le mauvais tour que la vie nous a joué. Ainsi, nous nous habituons à notre souffrance, peut-être parce que nous croyons dans notre for intérieur que nous ne méritons pas mieux ou parce que, sans nous en rendre compte, nous nous identifions à être un maltraité de la vie. Cela nous donne une certaine importance, et un sujet de conversation. Nous nous installons dans nôtre rôle de victime en jouant la corde qui se tend le plus en nous : colère, amertume, angoisse, rancœur, apitoiement, mépris, désespoir.

Qu’est-ce qui nous fait rester dans ce rôle de la victime impuissante qui déverse le poison de sa souffrance sur soi-même ou les autres ? Qu’est-ce qui nous scandalise à l’idée d’abandonner ce vieux terrain de jeu pour nous interroger sur notre rapport avec ce qui nous arrive ? Ah non, pas ça ! En plus d’être en souffrance nous serions encore coupables ?! Nous sortons les griffes pour attaquer celui qui ose mettre en question nos vieilles certitudes, pour ensuite nous incliner sagement devant notre cruel destin. Il y en a qui n’ont vraiment pas de chance – et nous en faisons partie. 

Au lieu d’accepter d’être un malchanceux, ne pourrions-nous pas passer à accepter juste ce qui se présente à nous ? Ne pas interpréter, ne pas se laisser glisser dans le rôle que notre éducation a prévu pour nous, mais prendre ce qui est, l’accueillir dans sa vie, pour le regarder avec un peu de curiosité ? Cette tumeur, cette chute, cet abandon, cette horrible chose qui nous arrive, est-elle vraiment venue pour nous faire du mal ? Les choses de la vie, n’ont-elles pas autre chose à faire que de se jeter sur nous juste pour le plaisir de nous faire souffrir ? Ne nous prenons-nous pas un peu trop importants en croyant que le ciel fait exprès de nous tomber dessus ? Et si nous commencions à nous donner non pas une importance de victime, mais de personne responsable et adulte qui ose se lever et regarder les choses en face ?

Quand nous étions enfant, nous avons tous fait l’expérience que les monstres de la nuit disparaissent à la lumière du jour. Aujourd’hui, nous avons la possibilité d’envoyer de la lumière dans les choses par notre regard conscient : Je te vois. Je prends note, sans interpréter, sans m’identifier avec ce que je perçois. Nous ne sommes pas notre malheur, notre souffrance. Nous existons au-delà de tout ce que nous pouvons apercevoir autour de nous et en nous. Nous ne savons pas pourquoi les choses nous arrivent et nous ne le saurons certainement jamais. Nous ne pouvons pas les changer. Nous ne pouvons pas changer les autres ni les circonstances ni même ce qui se passe à l’intérieur de nous. Le seul pouvoir que nous ayons est celui de choisir notre attitude et d’envoyer la lumière de la conscience dans ce qui se présente à nous. Et voici que le miracle arrive: dans cette lumière, les choses commencent à se transformer par elles-mêmes…

jeudi 14 juillet 2016

Tous UN

Chaque personne est liée au collectif. L'humanité est une image de Dieu, elle est une. Je donne toujours l'exemple du physicien David Bohm qui a dit " si l'humanité ne prend conscience qu'elle est une, nous allons vers les plus graves périls". Victor Hugo dit également : " Ô insensé, qui croit que je ne suis pas toi ". Le prochain est en moi. Toute l'humanité est en moi. Si je dégringole, je fais dégringoler l'humanité. Annick de Souzenelle

lundi 20 juin 2016

Aimez ce que vous avez...

Un article de Jean Gagliardi

Alors, comme cela, vous voulez être heureux ? Vivre une vie de rêve ? C’est naturel. C’est possible En fait, il n’y a rien de plus sain. Mais de là à dire que c'est facile… Vous connaissez sans doute la Loi d’Attraction. Vous avez certainement entendu parler du pouvoir de l’intention. Vous avez peut-être même essayé de visualiser vos intentions en y croyant très fort, et il est très probable que le résultat soit mitigé. Oui, ça marche parfois, pour certaines petites choses, mais quand on en vient à des enjeux plus fondamentaux, cela fonctionne rarement comme on voudrait.

Il y a de bonnes raisons à cela, quelque chose à apprendre au travers de ces difficultés…La métaphore de l’Attraction, qui veut que nous soyons un aimant qui attire les choses de notre vie, est limitée, trop simpliste : c’est un énoncé typique de la physique classique, mais nous sommes désormais à l’époque de la physique quantique. Le concept de synchronicité élaboré par le psychologue Carl Jung et le Prix Nobel de physique Wolfgang Pauli offre un cadre bien plus large à la compréhension de la façon dont nous co-créons notre vie avec l’Univers et avec notre inconscient. Avec le support des travaux de la nouvelle physique et des recherches sur la nature de la conscience, nous avons à notre disposition tous les éléments d’une application que l’on pourrait dire de « synchronicité pratique ».

dimanche 19 juin 2016

Les 7 principes hermétiques

Le Principe de Mentalisme «  Le Tout est Esprit ; l’Univers est Mental »
Le Principe de Correspondance « Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas ; ce qui est en Bas est comme ce qui est en Haut »
Le Principe de Vibration « Rien ne repose ; tout remue ; tout vibre »
Le Principe de Polarité « Tout est Double ; toute chose possède des pôles ; tout a deux extrêmes ; semblable et dissemblable ont la même signification ; les pôles opposés ont une nature identique mais des degrés différents ; les extrêmes se touchent ; toutes les vérités ne sont que des demi vérités ; tous les paradoxes peuvent être conciliés »
Le Principe de Rythme « Tout s’écoule, au-dedans et au-dehors ; toute chose a sa durée ; tout évolue puis dégénère ; le balancement du pendule se manifeste dans tout; la mesure de son oscillation à droite est semblable à la mesure de son oscillation à gauche ; le rythme est constant »
Le Principe de Cause et d’Effet « Toute Cause a son Effet ; tout Effet a sa Cause ; tout arrive conformément à la Loi ; la Chance n’est qu’un nom donné à la Loi méconnue ; il y a de nombreux plans de causalité, mais rien n’échappe à la Loi »
Le Principe de Genre « Il y a un genre en toutes choses ; tout a ses Principes Masculin et Féminin ; le Genre se manifeste sur tous les plans »

A méditer ...

mercredi 15 juin 2016

Le stress précède le cancer

Un article édifiant dans la lettre hebdomadaire du magazine Néosanté: 

"Quand donc la science médicale va-t-elle admettre que le stress psychologique n’est pas seulement la conséquence de l’éclosion d’un cancer mais qu’il en  est aussi et - surtout – l’explication causale ?  Ce n’est visiblement pas pour demain puisque seuls les facteurs matériels de risque (tabac, alcool, pollution, malbouffe…) figurent encore et toujours dans le box des accusés. Lorsque la médecine officielle nous parle du rapport entre cancer et psychisme, c’est invariablement pour souligner que le deuxième est affecté par la maladie cancéreuse, et qu’il faut soutenir psychologiquement les patients,  mais très rarement pour se demander si le premier n’aurait pas une origine psycho-émotionnelle. Lorsqu’elle le fait, elle se focalise malheureusement sur les événements stressants et non sur leur ressenti, ce qui équivaut, comme nous l’avons déjà écrit, à chercher  sous le réverbère les clés égarées dans le noir.  Le pire, c’est que certaines études scientifiques apportent  quantité d’indices sur le pouvoir cancérigène du stress.  Mais le déni de cette influence est tel qu’on ne veut même pas les voir !