lundi 8 janvier 2018

Face au changement

Le monde change. Les bouleversements que nous sommes en train de traverser nous touchent tous, entièrement et sans exception. Tous les domaines de notre vie sont concernés : famille, relations, travail, santé, environnement. Habituellement, nous cherchons les solutions à nos problèmes à l’extérieur de nous. Nous espérons que d’autres savent mieux que nous comment nous en sortir d’une situation qui ne nous convient pas. En même temps, nous nous méfions de nos institutions et de nos politiques car nous les voyons de plus en plus séparés des bases qui les portent. Tous les indicateurs  montrent alors vers nous. A chacun de se souvenir du potentiel créatif qui sommeille en lui. Personne ne peut résoudre nos problèmes à notre place. Nous seuls pouvons décider de notre attitude face à ce qui nous arrive. Si nous apprenons à accepter ce que la vie nous propose, si nous nous rendons disponibles et ouverts, une situation qui semblait sans issue peut nous révéler des possibilités surprenantes.

Je me base ici sur ma propre expérience. En 2012, j’étais atteinte d’un cancer du sein. Mon corps me portait un message qui semblait annoncer la fin : tu meurs. J’ai décidé d’accueillir ce qui était venu vers moi. J’ai alors compris que le cri de mort était en réalité une invitation à faire mourir quelque chose en moi qui était devenu superflu. Ce n'était pas LA fin, mais UNE fin. Ce qui se passait n’était pas contre moi, même si je pouvais perdre la vie dans cette aventure. Le cancer, cet emblème du mal dans notre société actuelle,  est devenu pour moi une occasion de faire le tri et de cultiver le jardin que la vie m'avait offert de façon plus respectueuse et plus juste. Tout mon être était impliqué. Ma maladie est ainsi devenu le point de départ d'une grande quête. Je me suis mise à explorer l'être qui m'habite en me servant du messager qu'est désormais mon corps pour moi. J'apprend à faire entièrement confiance à sa justesse. Grâce à lui, j'ai commencé à vivre les événements que je rencontre comme des occasions à me rendre plus souple et plus ouverte pour mieux les traverser. Car ce ne sont pas les choses qui font mal. C'est uniquement notre façon de les accueillir. Plus nous faisons résistance à ce qui est, plus nous souffrons. Le but est alors de laisser tomber ce qui nous rend durs et intransigeants: nos vieilles convictions, croyances et habitudes qui nous tirent vers le bas.

Mes livres témoignent de mon chemin. La maladie guérit. De la pensée créatrice à la communication avec soi, est sorti chez Quintessence en 2014. En 2016 a suivi, chez L’Harmattan Traverser le miroir. De la peur du cancer à la confiance en la vie. Il critique une société qui manipule et agresse la vie et montre que d'autres chemins sont possibles si nous prenons conscience de notre potentiel créatif. En 2017 est sorti, en allemand Das Licht fliesst dahin, wo es dunkel ist. Zuversicht für eine neue Zeit (La lumière va vers l’obscurité. Confiance pour une nouvelle ère). Il illustre que le monde que nous apercevons autour de nous n’est que le reflet du monde qui se trouve à notre intérieur. C'est une invitation à se détourner du vieux modèle qui divise nos sociétés en victimes, bourreaux et sauveurs et à assumer l'entière responsabilité pour notre vie. Je me joins ainsi au nouveau souffle qui traverse le monde pour amener l’humanité à se mettre debout aussi intérieurement. 

samedi 30 décembre 2017

Voeux 2018

La division et la rupture teintent l’actualité d’une année qui s’en va: des sorties d’union, la montée de l’extrême droite, de nouvelles formes de racisme et même d’esclavage,  l’exclusion des plus démunis, séparatismes et radicalisations de tout genre, l’abime de plus en plus vertigineux entre pauvres et riches. En permanence, notre attention est guidée vers ce qui nous oppose. Or, derrière tous ces éclats se trouve une autre réalité : une recherche commune d’unité. Nous avons tous besoin d’appartenir à une communauté, d’échanger avec les autres, de servir une cause et de nous sentir reconnus. Amour, amitié, fraternité, sécurité, liberté, bonheur … nous partageons les mêmes valeurs aussi quand nous essayons de les réaliser de manières différentes. Je pense qu’il est important de se souvenir de cela. Nous ne sommes pas ennemis. Nous sommes juste le reflet les uns des autres. L’autre qui s’oppose, individuellement ou collectivement, n’est que l’image de ce que nous ne voulons pas pour nous. Ainsi, les conflits et confrontations que nous sommes en train de vivre marquent surtout une quête ardente d’identité, la recherche d’une réponse à cette question vieille comme le monde: qui suis-je ? Pour l’année à venir, je nous souhaite de nous servir de ce feu pour aller visiter ceux qui se trouvent derrières les murs et armures que nous avons érigés autour de nous et qui ne sont portés que par une seule envie : ne pas être seuls.


2 – c’est le chiffre que l’on obtient quand on additionne 2-0-1-8. Il représente à la fois la dualité et l’union. Cette année est une bonne occasion de choisir le sens que nous allons donner au mot éclat.

mardi 19 décembre 2017

Un lieu sauvage - le témoignage d’une guérison

Regard sur une guérison à la fois extraordinaire et exemplaire. Mon article dans le journal Néosanté à propos du livre de Gabriele Freytag:


« L’essentiel n’est indiqué sur aucune carte.
Il se dévoile par l’expérience, la confiance et la patience. »
Gabriele Freytag

Un lieu sauvage est le récit autobiographique de la psychothérapeute allemande Gabriele Freytag. En 1997, elle reçoit le diagnostic d’un cancer du col de l’utérus à un stade avancé (PAP5). Pour éviter le traumatisme d’une hystérectomie,  la mutilation de sa féminité et l’empoisonnement de son corps elle choisit, en accord avec son métier, un chemin loin de tous les protocoles conventionnels. Dans un premier temps, son courage et son espoir se basent sur l’expérience du professeur de yoga Adelheid Ohlig, guérie du même type de cancer en s’appuyant exclusivement sur les médecines douces et la psychothérapie. A la recherche des vraies causes de sa maladie, elle découvre son mal dans le rapport qu’elle a envers elle-même et sa façon de se positionner dans sa vie. Elle s’intéresse, entre autres, aux travaux de l’oncologue berlinois Walter Weber qui comme Ryke Geerd Hamer voit l’origine du cancer dans un conflit intérieur non résolu, vécu dans la solitude. Selon ce médecin, les cellules cancéreuses sont des cellules qui ont perdu leur capacité de communiquer avec leur entourage direct pour se retirer « dans leurs bulles » avant d’envahir l’ensemble. Elle s’inspire du travail de la psychologue Monika Wiedemann-Borne qui constate que les malades du cancer sont souvent des gens très affables et adaptés qui n’ont pas intégré leur côté indompté, l’enfant « mauvais » que nous avons tous en nous et qui va à l’encontre de ce que l’on attend de lui. Ce sont alors les cellules « malignes » qui lancent l’appel d’intégrer nos zones d’ombre et de nous montrer au monde tel que nous sommes.


Avec profondeur, légèreté et humour, Gabriele Freytag emmène le lecteur sur son parcours qui se construit successivement : les encouragements et les obstacles qu’elle rencontre, ses réflexions pour peser le pour et le contre, la prise de responsabilité pour sa santé, son intérêt pour les travaux de David Servan-Schreiber, Caryle Hirshberg, Candace Pert et Susan Sontag, ses confrontations aux gynécologues qui lui reprochent souvent violemment d’agir de façon folle et irresponsable, ses doutes et ses peurs avant de choisir un chemin qui est résolument le sien. Consciente du danger, elle part dans une expérience sans précédent : « Approcher le sauvage n’est pas sans risque. Nous devons quitter notre confort car le sauvage se trouve au-delà des sentiers battus. » (p. 228) Son choix se base sur le savoir ancestral que l’humain n’existe pas seulement dans sa dimension physique. Les liens entre le corps et l’esprit sont indissociables et forment un ensemble. Avant de se manifester dans le corps physique, notre mal-être et nos maladies apparaissent d’abord dans les couches subtiles et immatérielles qui font elles aussi partie intégrante de notre être. Gabriele Freytag part alors de l’idée qu’un problème, même s’il s’appelle cancer, doit être résoluble à l’endroit où il commence par se manifester : dans nos dimensions psychologiques et spirituelles.

dimanche 8 octobre 2017

L'image de soi, conférence Novodomo

Le début de cette année a été marqué par la mort de Guy Corneau, grand psychanalyste et auteur, devenu célèbre par son livre Père manquant, fils manqué. Il n’avait pas 66 ans. Comment est-il possible qu’un homme qui était une référence en équilibre émotionnel pour des millions de gens, qui a derrière lui un grand chemin de guérison et qui a su mettre en lumière beaucoup de ses zones d’ombre, succombe si vite à la maladie ? Il n’est pas mort du cancer dont il témoigne dans son livre Revivre. Il a survécu et même guéri ce cancer du grade 4, c’est à dire en phase terminale, qu’on lui avait diagnostiqué  en 2007. Il est mort 10 ans plus tard d’une maladie auto-immune qui avait attaqué son cœur. Son décès est survenu en moins de deux jours. Seulement deux semaines avant lui, sa sœur, l’artiste peintre Corno est décédée d’un cancer de la gorge. Le drame avait frappé toute une famille.

Cet homme beau, talentueux, innovateur et séducteur qui a marqué toute une génération est allé au fond de lui-même pour éclaircir son histoire avec son père. Il s’est enfin réalisé en tant qu’artiste avec sa pièce L’amour dans tous ses états qui a été inaugurée en 2016 à Paris au théâtre Les feux de la rampe. Guy Corneau a enfin donné forme à son rêve et il est monté sur scène. Il s’est ainsi libéré de certaines limites de son éducation, surtout de celles que lui avait imposées son père en voulant faire de lui un professeur d’université. Il avait senti que son âme aspirait à s’exprimer autrement. Avec lucidité et persévérance, il a levé l’ancre qui l’attachait aux attentes familiales. Le mal a été dit. Les blocages étant levés, le corps avait retrouvé la santé. Comment était-il alors possible que la mort emporte de manière aussi inattendue  la vie de cet homme?  Certes, nous allons tous mourir un jour. Mais si l’équilibre, l’harmonie et la mise en lumière de ses zones d’ombre sont synonymes de bonne santé, quelles pourraient être les blessures qui n’ont pas été ex-primées, c’est-à-dire transportées vers l’extérieur du corps ?

samedi 20 mai 2017

Lever le voile

Participons pleinement à cette grande époque. Elle n’annonce peut-être pas la fin du monde mais la fin d’un monde. Il se pourrait que le nouveau monde, un monde d’unité et de partage, se trouve déjà là, devant nos yeux. Seulement, nous ne l’apercevons pas. Nous sommes peut-être trop pressés, trop chargés, trop occupés pour le voir. Nous avons perdu cette capacité que nous avions, enfants, de voyager entre les différents univers comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Nous avons oublié l’époque où nous savions communiquer avec les éléments et avec les animaux et où les elfes et les dragons étaient biens réels. Aujourd’hui, nous portons le voile du rationnel devant les yeux qui nous empêche de voir que tout ce bel univers existe peut-être toujours et qu’il faudrait seulement s’asseoir, en silence, et prendre son temps pour apercevoir à nouveau ce monde où les miracles n’ont jamais cessé d’exister, le monde où tout est toujours possible et où le rêve se confond avec la réalité. C’est peut-être seulement un voile qui nous sépare. N’est-ce pas le sens profond d’Apokálupsis - apocalypse : lever le voile ? Il suffirait de le lever pour passer de l’autre côté. 



samedi 6 mai 2017

Changement


Une nouvelle énergie est en train de naître. Une énergie qui ne sectionne pas mais qui unit. De plus en plus d’humains décident déjà de vivre autrement. Ils changent radicalement leur manière de consommation, d’alimentation et de soin. Ils réduisent volontairement la quantité de leurs biens matériels. Ils ne suivent pas leur pulsion de toujours vouloir se distinguer des autres par la possession de biens car ils savent qu’ils sont uniques. Ils puisent leurs énergies dans d’autres sources. Sans prôner le retour à l’âge des cavernes, ils laissent derrière eux ce qui les encombre pour avoir les mains libres pour avancer. Certains vont jusqu’à l’expérience de se passer de tout, y compris de nourriture, pour s’alimenter de ce qui est l’essence de la vie : la lumière. A chacun de choisir son chemin et de trouver sa vérité. Essayons seulement d’admettre que les choses peuvent exister aussi si nous ne les comprenons pas ou pas encore. Nous serions restés dans l’obscurité des cavernes s’il n’y avait pas eu régulièrement des courageux qui ont mis leur nez dehors et leur vie en péril.

lundi 1 mai 2017

Le pouvoir de non-achat

A chaque instant de notre vie, nous participons à la co-création de ce monde. En tant qu’êtres adultes, nous avons toujours le choix de nous alimenter de lumière ou d’ombre, de contribuer à la création ou à la destruction. Prenons conscience de la direction dans laquelle nous poussons nos caddys quand nous achetons ces babioles qui clignotent, ces vêtements et ces accessoires tachés de sang et ces aliments toxiques. Pensons-y quand nous démarchons des clients potentiels pour leur vendre n’importe quoi ou quand nous faisons des jobs qui n’ont aucun sens pour pouvoir nous payer des objets dont nous n’avons absolument pas besoin. Nous pouvons nous séparer de beaucoup sans manquer de rien. Pourquoi continuer à se charger avec tous ces trucs inutiles qui nous tirent vers le bas ? Nous pouvons le faire. Au lieu de passer le temps que nous avons gagné en espérance de vie seuls devant nos télés, nous pourrions le partager plus avec ceux qui nous entourent pour parler ensemble, jouer, chanter, mieux nous connaître. Il ne s’agit pas de s’opposer au progrès mais de lui donner un sens plus respectueux de la vie. Vivre ensemble paisiblement c’est possible. Il est possible de nourrir tout le monde. Il existe des procédés pour gagner une énergie propre et durable. Il existe des méthodes naturelles pour soigner et guérir nos maladies. Mais tant que ceux à qui nous donnons nos voix, notre argent et notre énergie continuent à se mettre au service de l’industrie et non pas de l’humain, notre survie à nous tous est menacée. Or, il suffirait que nous fassions valoir notre pouvoir de non-achat et tout s’écroule.


samedi 29 avril 2017

Guérir le monde

Nous, malades ou guéris du cancer, nous savons que rien ne peut guérir si nous n’acceptons pas le mal en nous. Nous savons aussi qu’il est possible de s’en sortir même si tout semble perdu. Nous savons que nous avons le pouvoir de donner une nouvelle orientation à notre vie. Nous expérimentons ou avons expérimenté dans nos chairs les transformations qui sont possibles si nous assumons notre responsabilité pour notre santé et pour notre vie. Nous avons fait l’expérience qu’il ne sert à rien de nous laisser sectionner en parties et sous-parties mais qu’il faut soigner l’ensemble que nous sommes. Nous connaissons l’impact de notre attitude sur notre guérison et nous savons que si nous ne prenons pas la décision de nous soigner et de guérir, aucun médecin du monde ne pourra nous sauver. Personne ne nous guérit à notre place. Nous savons que la guérison vient de l’intérieur de nous. Nous savons que tout est interdépendant. Nous connaissons l’importance du lien avec les autres, avec la nature et avec nous-mêmes. Et surtout : nous avons compris combien la vie est précieuse. Témoignons-en ! Donnons l’exemple qu’il n’est non seulement possible de guérir nos corps mais aussi le monde dans lequel nous vivons.


dimanche 2 avril 2017

Anthropocène

Nous venons d’entrer dans une nouvelle époque géologique. Elle porte notre nom: Anthropocène. Qu’allons-nous faire avec cette responsabilité ? Les traces que nous avons laissées marqueront à jamais notre planète. Aujourd’hui, le point de non-retour du changement climatique est dépassé. Nos activités ont un impact irréversible sur l’écosystème terrestre. Le mal est fait. Osons le regarder, non pas pour culpabiliser mais pour prendre la responsabilité de notre vie en main. Chacun de nous représente l’humanité toute entière. Nous sommes sortis des cocons de nos familles, clans, peuples pour aller nous installer partout dans le monde. Nous sommes sœurs, frères, parents, voisins, camarades, amis, collègues, compatriotes, citoyens du monde, tout à la fois. Nous n’avons pas à choisir entre l’un et l’autre. Nous pouvons avancer dans notre diversité et dans la complétude d’un seul être vivant. Nos corps, ne sont-ils pas constitués de milliards et de milliards d’êtres vivants individuels ? Ne sont-ils pas l’exemple qu’une cohabitation paisible et harmonieuse est possible ? Ces microbes agissent ensemble pour garder en vie l’organisme qui les héberge. Le microcosme à l’intérieur de nous est divisé en trois catégories : 10% des bactéries génèrent la vie, 10% gèrent la mort et le recyclage et 80% de bactéries ‘opportunistes’ se rangent soit d’un côté soit de l’autre. Ce sont alors les ‘moutons’ qui vont décider si l’ensemble reste en vie ou pas.



mercredi 22 mars 2017

L'union est la solution



L’immense majorité des phénomènes dévastateurs de notre planète est générée par un nombre très limité de personnes. Quelques clans seulement et leurs entreprises sont à l’origine de la destruction planétaire. Ils ne sont pas des anonymes. Nous connaissons leurs noms. Leurs actes sont déterminés par une avidité effrénée qui est à la hauteur de leur niveau d’inconscience. Ils ne comprennent pas qu’ils sont en train de se détruire en s’opposant aux lois qui protègent le tout. Mais nous ne gagnerions rien en faisant la guerre contre eux. Regardons-les, reconnaissons-les en tant que personnes malades. Et reconnaissons-nous en eux ! Qui serait libre de toute avidité, libre d’orgueil, libre de pensées de vengeance et de domination ? Avec l’essor du vil dans le monde, n’avons-nous pas devant nos yeux nos propres faiblesses ? Elles font partie de nous tous. Ne les repoussons pas mais admettons leur existence en nous. Pour que nos problèmes globaux puissent se résoudre, intégrons les côtés sombres que certains nous reflètent dans l’ensemble que nous constituons.